La classe de PTS, une particularité ebétépienne

La classe de PTS, une particularité ebétépienne

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L’Education Nationale aime, on le sait, les lettres et les sigles pour désigner ses différents baccalauréats et sections. On connaît les séries L, ES, S, STI, STL, ST2S, STMG ou même STAV…mais, même si l’on cherche bien, nulle trace de PTS dans le catalogue officiel…Normal, c’est une spécialité vincennoise et on ne peut intégrer cette classe qu’au lycée Claude Nicolas Ledoux.

Mais alors, de quoi s’agit-il ?

C’est une classe préparatoire à la section de technicien supérieur qui permet à des élèves n’ayant pas été acceptés en BTS d’effectuer une année scolaire complémentaire qui leur donnera toutes les chances d’intégrer le cycle BTS et ainsi d’obtenir dans de meilleures conditions leur diplôme. En effet, après avoir consolidé certaines bases dans les matières générales ou bien avoir découvert les matières techniques, tous les élèves intégrant cette classe, et qui viennent d’horizons très différents, pourront prétendre aux BTS Bâtiment, Travaux Publics, Etude et Economie de la Construction ou encore Topographe-Géomètre.

A la rencontre de six d’entre eux…

Ils s’appellent Alexandre, Alper, Arfath, Maxime, Vincent et Tristan. Ils ont entre 18 et 23 ans. Ils sont plein de bonne humeur et de joie de vivre et se sont racontés en toute simplicité.

D’où viennent-ils ? Où vont-ils ?

Jusqu’alors, ils étaient très éloignés les uns des autres, aussi bien scolairement que géographiquement; aujourd’hui, ils sont réunis par un objectif commun.

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• Arfath, a un Bac Professionnel dans le secteur du BTP, mais en Etudes et Economie. Il a eu la gentillesse de se raconter : né en Angleterre, arrivé en France en classe de seconde, le parcours a été long, mais, à 23 ans, il est résolu à ne pas en rester là et à poursuivre ses études.

• Maxime, 18 ans, lui aussi a obtenu son Bac Professionnel Travaux Publics en suivant une formation en alternance. Désireux de préparer un BTS Bâtiment, il a intégré la « PTS » à cause de son « mauvais niveau » en métré, dit-il, mais aussi pour consolider les matières générales. Il trouve très difficile, en ce début d’année, de rester toujours entre les murs du lycée et de ne plus avoir de rémunération, lui qui a été habitué au monde de l’entreprise un mois sur deux…mais il se donne les moyens pour réussir et serre les dents.

• Vincent, quant à lui, vient de la ville d’Orange et est détenteur d’un Bac ES car, plus jeune, il souhaitait s’orienter vers l’économie ou le commerce. Finalement, changement de cap en terminale, il décide d’opter pour le BTP et le voilà en classe de PTS pour, à nouveau, « faire de la physique », découvrir le dessin, le logiciel Autocad et la technologie du bâtiment. Une année nécessaire, il en a pleinement conscience !

Enfin Alexandre a 20 ans, un Bac STI Mécanique en poche, et, c’est lors d’une mission en Intérim dans une usine de dépollution qu’il a découvert le milieu du BTP et qu’il a décidé de poursuivre ses études : il souhaite, après cette année de mise à niveau, préparer un BTS Travaux Publics en alternance.

Nous avons donc rencontré cinq jeunes gens de la classe de PTS, cinq seulement sur 46, mais qui représentent de façon assez significative à la fois la diversité des provenances scolaires et la motivation de chacun. L’année vient de commencer, nous prendrons de leurs nouvelles au printemps prochain.

Les EX

Nous avons également souhaité recueillir le témoignage de deux « ex-PTS », Guillaume et Arnaud qui sont aujourd’hui en 2ème année de BTS géomètre-topographe. Arnaud avait raté son Bac S. Alors, plutôt que de redoubler une terminale, et, comme il souhaitait être géomètre, il a choisi la PTS et il a réussi son objectif. Il se souvient d’une « classe avec une bonne ambiance » et « des cours difficiles de RDM et d’étude de prix ». Guillaume, avec son Bac STG, souhaitait « réintégrer un cursus scientifique » et « cette classe [lui] a énormément appris » !

En effet, la PTS peut apparaître comme « le radeau de la dernière chance », l’année nécessaire pour ceux qui n’ont pas fait certains choix d’orientation avant, qui se cherchent ou qui se sont longtemps cherchés…une année de défi, de travail scolaire, de remise en question, parfois de doute…une classe à part qui répond à une double volonté : mise à niveau et motivation.

Confidences d’un prof

Philippe Tassié est certainement le professeur du lycée qui connaît le mieux la PTS. Il la côtoie depuis 15 ans, en est le professeur principal et technique, rencontre les élèves 12 heures par semaine, en résistance des matériaux, en technologie, en informatique… Il parle d’elle, de son histoire, de son fonctionnement, avec ferveur et professionnalisme.
Certes, c’est une classe dans laquelle il n’est pas toujours facile d’enseigner en raison de l’absence de programme officiel et de son caractère hétérogène.

En effet, comment faire un cours qui puisse satisfaire intellectuellement tous les élèves ? Cette question est récurrente, même après tant d’années, mais elle constitue un challenge à relever. Donc, nul ennui, nulle lassitude, et, chaque jour, une envie de déployer son énergie afin que tous apprennent, progressent et soient prêts à devenir des techniciens supérieurs du bâtiment. Les années se suivent et ne se ressemblent jamais, tant il faut chaque fois adapter sa pédagogie, tant les profils d’élèves varient.
Et la difficulté se mue en stimulation.
En outre, c’est une classe qui a évolué. Au début, il y avait même deux classes constituées d’élèves ayant obtenu un Brevet de Technicien Topographe ou bien un Bac STI Génie Civil (formations qui n’existent plus) ou encore des S qui n’avaient pas réussi l’examen. Depuis quelques années, les Bacs Professionnels, ayant de plus en plus un désir de poursuite d’études, ont rejoint les rangs de la PTS et la classe est systématiquement dédoublée, ce qui permet de mettre en œuvre davantage de projets, de fixer des objectifs plus concrets et de personnaliser l’enseignement.

PTS2Pour toutes ces raisons, et bien-sûr pour son aspect humain, la PTS est bien une classe à la fois comme les autres, à savoir un groupe avec un enjeu majeur, mais aussi une classe différente et particulière dans le paysage du lycée : tout cela explique ce fidèle attachement, ce lien étroit qui unit professeurs et élèves.
Les années ont passé, les jeunes gens et jeunes filles (elles sont quatre aujourd’hui !) ont changé, mais le postulat initial est toujours là : motivation et mise à niveau pour atteindre un même objectif : le Brevet de Technicien Supérieur et l’équipe pédagogique y veille !

Rentrée 2019. Merci de vous présenter au 18 bis rue de Belfort - Vincennes