Kellian un apprenti très investi

Kellian un apprenti très investi

Certains apprentis en BTS alternance à l’EBTP ont des parcours atypiques. Celui de Kellian Gaudry fait partie d’un particularisme singulier : coupler un BTS Bâtiment en alternance avec le compagnonnage. Une envie d’entreprendre qui ne se dément pas dans le texte.

Kellian, comment avez-vous eu envie de faire un double cursus ?

Après la troisième au Lycée ST Charles, j’ai intégré le lycée des compagnons nommé IEF-CTF (institue Européen de Formation des Compagnons du Tours de France) dans le Jura. J’ai découvert par ce biais, une multitude de possibilités, de métiers dispensés. J’ai donc passé un Bac IPB (Intervention sur le patrimoine Bâti) en spécialité maçonnerie avec en options charpente et de la couverture, obtenu au bout de trois ans. Au bout de la deuxième année de mon baccalauréat, j’ai eu la possibilité de passer un diplôme intermédiaire : CAP maçon. Aujourd’hui, je me présente à L’EBTP Claude Nicolas Ledoux de Vincennes pour réaliser un BTS Bâtiment en alternance, associé à une première année chez les compagnons du tour de France ou le siège compagnonnique se situe à la Villette.

Comment s’est proposé à vous ce choix ?

J’ai toujours été élevé dans une famille qui privilégient les valeurs du travail, de l’engagement. Ne jamais laisser de temps mort dans l’apprentissage et continuer à entreprendre quoi qu’il arrive. C’est moi-même au préalable qui ai désiré prendre de la distance avec mon lieu de naissance pour cette nouvelle aventure à Vincennes. Je loge dans ma seconde école des compagnons au 161 avenue Jean Jaurès à la Villette (Paris 75019) où le reste du temps, je travaille et suis des cours spécifiques. Les jeunes tels que moi, partagent une chambre aménagée. Tout le confort nécessaire est présent pour être au plus près de mon projet professionnel.

Pouvez-vous nous décrire une journée de travail dans la période, où vous êtes à la fois à l’EBTP et chez les compagnons ?

J’aime prendre des cours dans les deux établissements : Le matin, je me lève tôt, me prépare et prend mon petit déjeuné avec les autres jeunes. Par la suite, je viens prendre mes cours à l’EBTP. En rentrant le soir, je dine à 19h00 en costume propre (Chemise, cravate et veste). Puis, ce sont les cours spécifiques qui commencent à 20h et qui finissent à 22h. Et après 22h, dès que l’on a du temps et c’est dans ce lieu où l’on doit réaliser notre maquette. Ce sont des phases réglées pour apprendre de nouvelles pratiques sur le terrain, en tracé, en organisation et gestion de chantier etc… Ces rythmes sont importants, mais le fait de ne pas avoir temps morts favorise la progression.

Vous travaillez aussi chez un patron ?

Bien entendu, mon contrat d’apprentissage m’engage à respecter ce paramètre. Ce sont les compagnons qui nous trouvent les embauches.

En tant que postulant-compagnon, vous avez un règlement de vie à respecter ?

Bien sûr ! Les règles de vies en commun sont strictes et permettent de nous transmettre le respect et la rigueur. Nous avons un système d’amendes si nous rompons la politesse orale, ou si nous ne respectons pas les membres de la confrérie (20 centimes par manquement). Il en est aussi de celles qui peuvent surprendre : nous avons une reprise en main, si nous ne nous tutoyons pas. Chaque compagnon doit être tutoyé, sauf la mère des compagnons qui est la seule personne qui doit être vouvoyé.

Comment se définissent les échelons à gravir au sein des compagnons ?

Nous avons un parcours de six ans au minimum à réaliser. Avec une maquette spécifique que nous devons réaliser chaque année. Notre statut change aussi. Nous sommes des « lapins », puis nous devenons « jeunes », « jeunes hommes », « compagnons », « compagnons finis » et « compagnon / réception de mère ». L’ascension est la fête de rendu de maquette pour la société des compagnons maçons. Un banquet vient clore cet état de fait.

Avez-vous déjà quelques titres de gloires à votre actif ?

Oui. J’ai obtenu la médaille d’argent au concours du MAF (meilleur apprenti de France, région bourgogne /Franche – Comté). Il y a aussi dans les possibilités le MOF (meilleur ouvrier de France) ou les olympiades.

Qu’est-ce que nous pouvons vous souhaiter pour la suite ?

Je pense que je n’arrêterai jamais d’être curieux de connaissances. Devenir quelqu’un de sérieux et appliqué dans mon métier, solidaire avec les autres professionnels. Je crois que cela peut prendre, parfois, toute une vie.

Inscritpion 2018 lycée EBTP Ledoux
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