Les classes de seconde au théâtre

Les classes de seconde au théâtre

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Le mardi 25 novembre et le jeudi 04 décembre 2014, les élèves de secondes sont allés à Paris et ont assisté à une représentation du célèbre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, puis du fameux Cid de Pierre Corneille. Deux sorties de classe. Deux grands classiques du théâtre français. Deux après-midis exceptionnels au cours desquels plaisir, fête, joie d’être ensemble, riment avec écoute, apprentissage et travail.

Pourquoi aller au théâtre ?

Eh bien…tout d’abord, parce que, dans le programme du cours de Français en classe de seconde générale, le genre théâtral est obligatoirement abordé, et que, même si lire une pièce est un exercice passionnant, qui plus est lorsque sont analysés des alexandrins raciniens,pourquoi aller au theatre voir ce même texte oralisé et interprété sur scène par des comédiens chevronnés revêt une tout autre dimension. En effet, l’élève, hors des murs de la classe, sans table, sans crayon ni cahier, devient un spectateur, bien installé dans un fauteuil, dans la nuit de la salle, n’ayant que ces yeux dirigés vers la scène éclairée et son cœur prêt à vibrer, à rire et à pleurer. Et la magie peut opérer. Ainsi, l’étude en classe d’œuvres dramatiques, de comédies et de tragédies, est indispensable à l’acquisition d’un savoir, d’une culture, à l’apprentissage, mais elle se doit d’être complétée par une découverte du lieu « théâtre », qui, d’ailleurs, permet bien souvent une meilleure compréhension de la pièce, qui fait réfléchir, surprend, émeut et qui déstabilise aussi parfois. Et puis, Paris offre tant de salles de spectacles si près de nous, que l’on aurait tort de se priver !

Cyrano de Bergerac

Mardi 25 novembre, les classes de secondes générales 2 et 5 (72 élèves !) ont pris métro et RER pour se diriger vers la Comédie Saint-Michel, tout près du Jardin du Luxembourg. Là, tous ont pu assister à une adaptation de la pièce la plus connue d’E. Rostand. Une petite salle qui déçoit d’abord certains qui imaginaient un théâtre plus grand, plus luxueux, « à l’Italienne ».

comedie saint michel ebtp claude nicolas ledouxcomedie saint michel cyrano de bergerac ebtp Mais, très vite, chacun ayant enlevé son manteau, trouvé sa place et un espace suffisant pour étaler ses jambes ( !), éteint son téléphone, le spectacle peut commencer. Deux, puis trois comédiens surgissent de la salle et montent sur scène : ça y est ! En voilà un début peu conventionnel qui étonne et ravit ! Les trois coups retentissent et tout s’enchaîne : la tirade du nez que beaucoup ont appris au collège, la scène du balcon, la mort de Christian à la guerre, et enfin, le dénouement au cours duquel Roxane comprend combien Cyrano l’aimait et finalement combien elle l’aimait, elle aussi. Une histoire d’amour impossible, l’être et le paraître, la beauté intérieure, la force des mots, l’épée et la guerre…des alexandrins magnifiques…que c’est beau !! C’est plus court que la pièce lue car plusieurs scènes ont été coupées, c’est plus facile à comprendre car le nombre de personnages a été réduit…et au bout d’une heure trente environ, sans entracte, la lumière jaillit et les élèves, qui applaudissent avec enthousiasme, n’ont pas vu le temps passer. Roxane était belle, très belle. Christian peut-être pas assez. Le comédien interprète de Cyrano avait bien un grand nez et a réussi à retenir tout son texte. D’accord, les décors auraient pu être plus élaborés, mais l’essentiel était là. « C’était bien. J’ai mieux compris, mais Roxane avait toujours la même robe… parfois, c’était comique, parfois, c’était très triste. C’est mieux que le livre… » Tels sont, épars, les commentaires immédiats de quelques élèves spectateurs.
Au retour, des échanges dans le métro (ça fait bizarre de se retrouver dans l’espace urbain du XXIème siècle !), des images plein la tête, des vers français qui s’imposent tout naturellement, une sortie qui permet de se voir autrement, ailleurs, qui fédère un groupe et crée des souvenirs.

Le Cid

La semaine suivante, les secondes, toujours les mêmes, les chanceux, et 6 professeurs se rendent au Vingtième théâtre où est programmée la pièce de Corneille, Le Cid. Là encore, mouvement de foule dans le métro, quelques hésitations lors d’un changement à Nation, mais pas de problème : nous sommes à l’heure, attendus et impatients de découvrir Rodrigue et Chimène. Le spectacle commence par une chorégraphie qui en surprend plus d’un. Le ton est donné : la danse et la musique tiendront un rôle prépondérant et apporteront une magie, une atmosphère poétique au texte cornélien. Et puis, il y a le Roi, infantilisé, capricieux, futile, revêtu d’habits royaux très XVIIème siècle, et dansant comme un jeune homme d’aujourd’hui. Par son extravagance, voire sa folie, il illustre cette phrase de Corneille : « Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes/Ils peuvent se tromper comme les autres hommes ». En outre, il est le personnage comique de cette tragi-comédie, il plaît et amuse beaucoup les élèves.
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L’alexandrin de Corneille n’est pas facile d’accès, voire considéré parfois comme poussiéreux, mais ici, grâce à la mise en scène, au jeu des comédiens, à la lumière, au diaporama constitué de simples dessins qui accompagne et guide la représentation, il devient simple, direct, efficace. Et les élèves, surpris, ébahis, remués, bousculés ne quittent pas la salle indemnes : eh oui, un metteur en scène s’approprie le texte, le réinvente, le ré-enchante, le dynamise…mais les idées de Corneille sont bel et bien là et les thèmes de l’amour, de l’honneur, du pouvoir ressortent avec force grâce à cette représentation qui prouve bien que le théâtre est un art vivant et que le public n’est pas passif, car il doit réfléchir, chercher, expliquer.

Les professeurs de l’Enseignement d’Exploration de la classe ont assisté au spectacle et demanderont, dès le lendemain, d’imaginer une autre affiche que celle qui a été adoptée…Oui, le théâtre n’est pas seulement un genre littéraire étudié en cours de Français, et destiné à ennuyer les adolescents, il peut servir également à une réflexion et un travail en Création et Culture design…

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Il apparaît donc que le fait d’aller au théâtre n’est pas un simple divertissement offert aux élèves parce qu’ils ont été sages ni un moyen de faire plaisir aux professeurs…C’est vraiment une démarche d’ouverture culturelle qui contribue à dévoiler le sens d’une œuvre, qui développe également le regard critique de l’élève en suscitant sa curiosité, son étonnement, qui nourrit aussi son imaginaire. Devenir un spectateur, cela s’apprend, tout comme les théorèmes de mathématiques et la conjugaison anglaise !

Inscritpion 2018 lycée EBTP Ledoux
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